SOMMAIRE



   
Documents concernant Pierre Poivre à la Bibliothèque d’Angers
 

Correspondances Poivre – Céré – Galles
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En 1768 paraît Voyages d’un philosophe ou Observation sur les mœurs et les Arts des peuples de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique. Cet ouvrage reprend deux mémoires que Poivre avait lus à l’Académie royale des sciences, des arts et belles-lettes de Lyon. Il est réédité l’année suivante accompagné des deux discours programme de Poivre alors intendant des îles de France et de Bourbon. .

Voilà, pratiquement rien d’autre n’est édité avant sa disparition en 1786.


Le Journal de Lyon sort quelques jours après sa mort une nécrologie très flatteuse comme il se doit. Cette même année, paraît une biographie élogieuse, rédigée par Pierre Samuel du Pont de Nemours, bien documentée et inspirée par Françoise Poivre : Notice sur la vie de M. Poivre.

L’ouvrage Voyages d’un philosophe reparaît périodiquement à partir de 1793. Il est édité et réédité en plusieurs langues étrangères à partir de 1769.

Il faut ensuite attendre 1819, année où l’académie savante de Lyon a mis au concours un éloge de Pierre Poivre. C’est l’occasion pour des proches de Françoise Poivre devenue Madame veuve du Pont de Nemours de disposer des archives de celle-ci pour documenter leur éloge. M. Torombert, le lauréat et M. Gérando ont su en profiter, et leurs discours apportent des éléments nouveaux, puisés dans ces archives*. Ces éloges n’avaient jamais été publiés, mais les biographes suivants (au moins A. Boullée en 1835 et L. Malleret un siècle plus tard) iront les consulter à l’Académie de Lyon.

Un demi-siècle se passe avec la publication de biographies sans apport notable. En 1883, un spécialiste de l’Extrême-Orient, Henri Cordier, publie un manuscrit de Pierre Poivre, Mémoire sur le commerce de la Cochinchine, puis Voyage de Pierre Poivre en Cochinchine en 1885, puis enfin Relation abrégée des voyages faits par le Sieur Poivre depuis 1748 jusqu’en 1767 qui est publié en 1918. A ces deux derniers textes, récits de voyages à la première personne, il faut ajouter Un manuscrit inédit de Pierre Poivre : Les Mémoires d’un voyageur…, manuscrit publié en 1968 par Louis Malleret, autre spécialiste de L’Extrême-Orient, à qui ont doit une monumentale étude sur Pierre Poivre.

D’autres informations de la main de Poivre, ou le concernant, pour l’essentiel des rapports et correspondances avec les instances administratives, sont éparpillées dans un grand nombre de publications d’intérêt très inégal parmi lesquels émergent quelques écrits. On se doit de citer au moins les nombreuses études de Madeleine Ly-Tio-Fane.

Ainsi, jusqu’à présent, dans ses récits de voyage, Poivre est apparu, voyageur philosophe, naturaliste explorateur des contrées lointaines, aventurier chercheur de trésors (les épices) : un vrai héros de roman d’aventures. Plus académiques, les études des documents administratifs permettent de connaître le rôle majeur de cet administrateur colonial à l’île de France (île Maurice).

Le manuscrit d’Angers nous fait découvrir une autre facette du personnage, moins épique, plus intime. Au travers d’une correspondance avec un ami, le héros s’efface, le sage subsiste, et l’homme, Pierre Poivre, affecté par ses cautères goutteux, ravi des vendanges à venir, exaspéré par notre Marine incapable, dévoué à ses amis, est là, proche de nous, et bien sympathique.

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* : Ces archives sont entre les mains de la famille Pusy La Fayette descendante directe de Pierre Poivre, et quelques documents (très peu) ont pu être exploités par Louis Malleret.


Le manuscrit
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La bibliothèque municipale d’Angers possède les deux manuscrits suivant :
Le manuscrit 613 composé de 164 feuillets reliés in 4°
-  86 lettres autographes de Pierre Poivre à M. Galles, du 24 août 1776 au 24 mai 1785.
- 22 lettres autographes de Françoise Poivre à M. Galles, du 26 juin 1786 au 24 déc. 1789.

Le manuscrit 612 composé de 172 feuillets de formats divers adressés à Monsieur Legalles qui regroupent 80 lettres ou extraits écrits par Jean Nicolas Céré entre décembre 1767 et novembre 1802.
L’ensemble est hétéroclite :
-    51 originaux dont 40 lettres de la main de Céré
-    11 lettres à caractère privé de membre de sa famille
-    De nombreuses lettres, copies de courriers officiels.

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Jean-Marie Galles, jamais prénommé, souvent désigné Le Gal ou Legalles ou Le Galles est d’origine bretonne, il a fait ses études au collège des Jésuites de Vannes où il a rencontré Jean Nicolas Céré. Galles demeure en France, tandis qu'après une courte carrière militaire aux Indes, Céré s’installe à l’Isle de France. Les deux amis commencent une correspondance en 1767. Pierre Poivre, voisin et ami de Céré à l’Isle de France (les domaines de Monplaisir et Belle-Eau sont mitoyens), se joindra à son retour en France en 1776, à ces échanges épistolaires.

Le manuscrit d’Angers ne contient que les lettres reçues par M. Galles. Cette correspondance a été exploitée par plusieurs auteurs dont Charles Perrat, Louis Malleret et Madeleine Ly-Tio-Fane en particulier. Catherine Picque a transcrit les lettres de Pierre Poivre et de Nicolas Céré  dans son mémoire :  « Autour du jardin des Pamplemousses à l’ile de France. » Mémoire de maîtrise, université d’Angers 1992.

Nous ne reproduisons pas ici l’intégralité du manuscrit 612. On trouvera toutes les lettres ou extraits ayant un rapport avec Pierre Poivre, sa femme, ses parents (Sonnerat), ses alliances (Cossigny). On s’intéresse bien sûr à l’auteur de ces lettres : Jean Nicolas Céré. Egalement des extraits mentionnant des expéditions célèbres : Kerguelen, Lapérouse, …

On y a joint, quoique ne provenant pas de la même source, quelques rares lettres ou extraits de lettres de Jean-Marie Galles à Jean-Nicolas Céré.



Les lettres de Pierre et Françoise Poivre adressées à M. Galles du manuscrit 613 d’Angers, sont reproduites intégralement.



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La transcription respecte scrupuleusement le manuscrit, mais :
L’orthographe a été actualisée, la ponctuation complétée et corrigée.
Les majuscules et minuscules adaptées au goût du jour.
L’orthographe des noms propres connus a été rectifiée.
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(On trouvera une petite notice biographique sur Jean-Marie Galles sur ce même site)


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